Combattre le paludisme au Sénégal :
Une campagne de réimprégnation de 100.000 moustiquaires

Mme Janice Jacobs, Ambassadeur des Etats-Unis, (à gauche) et M. Baba Ly,
Adjoint au Gouverneur, procède à la réimprégnation
de moustiquaires dans le quartier de Cité Lamy à Thiès, le
22 septembre. Photo: R. Nyberg, USAID |
THIES, Sénégal, le 25 septembre 2006
– L’Agence des Etats-Unis pour le Développement International
(USAID) et ses partenaires au Sénégal ont lancé une nouvelle
campagne agressive de lutte contre les moustiques au moment où les populations
se préparent à faire face à une forte recrudescence du paludisme
suite aux abondantes pluies de cet hivernage.
La cérémonie a eu lieu le 22 septembre ; ce sont Mme Janice L.
Jacobs, Ambassadeur des Etats-Unis, et l’Adjoint au Gouverneur de Thiès,
M. Baba Ly, qui ont donné le coup d’envoi.
Sous l’oeil des caméras, Mme l’Ambassadeur, l’Adjoint
au Gouverneur, le Directeur de l’USAID, M. Olivier Carduner, ainsi que plusieurs
responsables du Ministère de la Santé ont chacun accompli le même
geste munis d’un masque et d’une paire de gants en plastique : verser
le contenu d’un bouchon de bouteille d’insecticide dans un demi-litre
d’eau, secouer et mélanger le tout, et appliquer vigoureusement la
solution sur la moustiquaire pour assurer une bonne imprégnation ; ensuite
les moustiquaires de différentes couleurs - blanc, bleu et rose –
sont bien étendues pour sécher.
Après les officiels, ce fut le tour des autres membres de l’assistance
de prendre place autour des bassines pour répéter le même
geste qui devra être repris par des milliers de Sénégalais
à l’aide des kits de réimprégnation subventionnés
par les Etats-Unis. La contribution minimale des familles sénégalaises
devrait permettre de prendre en charge les éducateurs bénévoles
pour poursuivre le travail de sensibilisation sur les risques sanitaires au niveau
communautaire.
Les moustiquaires réimprégnées le 22 septembre appartiennent
toutes à des femmes enceintes et font partie des premières 100.000
moustiquaires qui doivent être réimprégnées, avant
fin novembre, dans les régions de Kaolack, Kolda, Louga, Thiès et
Ziguinchor. Il est demandé aux Sénégalais de se regrouper
pour réimprégner leurs moustiquaires comme à Thiès,
avant la fin de l’hivernage où le paludisme est à son paroxysme.
« Tout le monde connaît le poids terrible du paludisme sur l’économie
et la vie de chaque famille sénégalaise” a dit l’Ambassadeur
devant des centaines de Thiessois présents à la cérémonie
de lancement. « La moustiquaire imprégnée tue les moustiques
et protège non seulement la personne qui l’utilise mais aussi toutes
celles qui sont dans la maison. C’est pourquoi il est particulièrement
important que les femmes enceintes et les enfants, qui sont les plus vulnérables,
dorment toujours sous une moustiquaire imprégnée ».
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Mme Janice Jacobs, Ambassadeur des Etats-Unis (au centre) et
M. Olivier Carduner, Directeur de l’USAID/Sénégal, discutent
avec des femmes enceintes sur la prévention du paludisme, à Thiès.
Photo by R. Nyberg, USAID.
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L’Ambassadeur a exhorté la foule à relever le défi
en suivant son exemple et en relayant l’information sur l’importance
de dormir sous moustiquaire : « C’est aujourd’hui que j’ai
eu l’occasion de réimprégner une moustiquaire pour la première
fois et c’était très facile. Si je peux le faire, vous aussi
pouvez le faire. » L’une des moustiquaires qu’elle a réimprégnées
appartient à Monique Ndione, une femme de 35 ans mère de trois enfants,
qui en attend un quatrième. Avec un grand sourire, celle-ci promet que
si l’enfant est une fille, elle lui donnera le nom de l’Ambassadeur.
Pour l’Adjoint au Gouverneur, le paludisme pose un problème de
santé majeur car il est la première cause de mortalité, et
constitue 35% des cas de consultation. « Les enfants de moins de cinq ans
et les femmes enceintes paient le plus lourd tribut » dit-il. Notant que
la cérémonie illustre le fort engagement de la communauté
dans la lutte contre le paludisme, il a aussi exhorté celle-ci à
« utiliser massivement » les moustiquaires imprégnées
pour faire reculer le paludisme dans la région.
Oumar Diagne, l’Adjoint au Maire, a remercié l’Ambassadeur
pour “ce geste à la fois important et extraordinaire” de réimprégnation
de moustiquaires. « Soyez assurée que les populations de Thiès
vont sortir en grands nombres pour réimprégner leurs moustiquaires.
J’ai bon espoir qu’il y aura bientôt une moustiquaire imprégnée
dans chaque foyer » a-t-il ajouté, en annonçant que le conseil
régional envisage de distribuer gratuitement 10.000 moustiquaires aux populations
de Thiès.
Pour mener à bien la campagne de réimprégnation, l’USAID
travaille avec un consortium d’ONG dirigé par Christian Children’s
Fund (CCF) et comprenant notamment Africare, Plan International et World Vision.

Monique Ndione de Thiès encourage d’autres femmes enceintes à
faire réimprégner leurs moustiquaires. C’est Mme Janice Jacobs,
Ambassadeur des Etats-Unis, qu a réimprégné son moustiquaire
lors de la cérémonie de lancement du 22 septembre. Photo: R. Nyberg,
USAID |
La moustiquaire imprégnée est un moyen utile de prévenir
le paludisme. Depuis plusieurs années, l’USAID/Sénégal
encourage à l’extension de son utilisation. Grâce surtout aux
programmes de marketing social et de bons appuyés par l’USAID et
destinés à promouvoir l’utilisation de la moustiquaire, le
pourcentage d’enfants sénégalais qui dorment sous une moustiquaire
imprégnée est passé de 5% en 2000 à 24% en 2004. Chez
les femmes enceintes, le taux est aussi passé de 5% en 2000 à 31%
en 2004. En 2005, environ 38% des ménages sénégalais possédaient
au moins une moustiquaire, avec un taux supérieur en milieu rural.
Prochaines étapes : autre assistance attendue de l’Initiative
Présidentielle sur le Paludisme (Presidential Malaria Initiative - PMI)
La réimprégnation des moustiquaires fait partie des nombreuses activités
que le gouvernement américain va appuyer au cours des trois prochaines
années. En juin 2006, la Première Dame des Etats-Unis, Mme Laura
Bush avait annoncé que le Sénégal ferait partie des six pays
pilotes bénéficiaire du PMI. Le but de cette Initiative d’un
financement de 1,2 milliards FCFA est de réduire de moitié le nombre
de décès dus au paludisme dans les trois prochaines années
et d’atteindre un taux de couverture de 85% des groupes vulnérables
tels que les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes
vivant avec le VIH/SIDA.
Les activités du PMI au Sénégal incluront aussi l’aspersion
intra-domiciliaire, les soins préventifs aux femmes enceintes et le traitement
rapide aux ACT qui sont disponibles dans les structures et cases de santé
en plus d’être accompagnés par des formations, des campagnes
d’information et d’éducation pour améliorer l’accès
aux soins.
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