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Discours de M. Jay Smith, Chargé d’Affaires p.i., à l’occasion de l’atelier bilan du projet de formation des professeurs de l’enseignement moyen

Dakar, le 29 Aout 2007

C’est avec beaucoup de plaisir que je suis venu assister à cette cérémonie de partage des réalisations du programme d’amélioration de la formation des professeurs de l’Enseignement Moyen du Sénégal. En effet, c’est ma première activité officielle avec le Ministère de l’Education. J’en suis sûr, j’en assisterai à beaucoup d’autres, Inch Allah.

Mes collaborateurs ont apprécié après plusieurs visites dans les écoles et les salles de classe, l’engagement et le professionnalisme des enseignants et chefs d’établissement. Permettez-moi de saluer l’efficacité des inspecteurs de spécialité et de vie scolaire, des proviseurs de collèges et des professeurs qui ont œuvré pour réaliser un programme aussi important dans le cadre d’un partenariat dynamique entre plusieurs institutions de nos deux pays. Je félicite les enseignants pour leur dévouement malgré leurs conditions de travail très difficiles en milieu rural, et pour l’assiduité et la ponctualité avec lesquelles ils accomplissent leurs tâches quotidiennes. Non seulement ils encadrent bien leurs élèves à l’école, mais ils se soucient de leur bien-être et leur rendent visite à domicile pour se renseigner sur les raisons de l’absence de certains.

 Ils ont su mettre en œuvre le principe de participation qui est cher à toute action de développement. La présence des formateurs et des enseignants, des décideurs comme des champions de la pratique, est une garantie de succès. Une des grandes priorités de notre programme sera de maintenir cet équilibre tout le long de sa mise en œuvre.

Ce programme pilote de l’USAID visait prioritairement à contribuer au renforcement de la qualification des professeurs et des chefs d’établissement dans l’Enseignement Moyen. En effet, tout système éducatif qui se veut crédible a besoin de bons professeurs.

Beaucoup de pays africains comme la Guinée, le Burkina Faso, Madagascar ou le Sénégal ont eu recours à des recrutements successifs de professeurs vacataires.  La présence de ce personnel enseignant a permis d’accroître de manière significative l’accès à l’éducation pour beaucoup d’enfants. Mais elle a aussi fortement réduit le taux de qualification du personnel. La majorité de ces enseignants peu qualifiés travaillent en milieu rural.

Pour relever le défi de la qualité de l’enseignement, notre programme conjoint a formé plus de 3000 enseignants et 500 proviseurs de collèges.  30 collèges ont été construits ou réhabilités et équipés pour les rendre fonctionnels.  Ces réalisations financées par l’USAID, ont offert des opportunités indiscutables de renforcement de la qualité de l’enseignement dans les collèges des zones rurales.

Les régions de Tambacounda, Kolda et Fatick ont été les principales bénéficiaires. Toutefois le souci de généraliser les effets du programme à l’échelle du pays a été présent à tout moment.  Le programme a étendu sa couverture dans la région de Ziguinchor à partir de l’année 2007.

Mes collaborateurs qui ont visité plusieurs collèges ruraux dans les régions cibles ont rencontré très peu de femmes enseignantes. La sous représentation des femmes, de l’enseignement primaire à celui supérieur, est malheureusement confirmé par les statistiques du Ministère de l’éducation. Moins de 10% des enseignants sont des femmes. Pourquoi aussi peu d’enseignantes au Sénégal quand dans beaucoup de pays les femmes sont presque majoritaires dans ce métier ?  Il y a là un problème d’équité. Améliorer cette situation contribuera à la bonne gouvernance du système éducatif et pourrait motiver les filles à poursuivre leurs études.

Le déficit  le plus inquiétant demeure la baisse de motivation constatée de plus en plus chez les enseignants. Il y a quelques décennies le métier d’enseignant était encore un rêve pour beaucoup de jeunes. Beaucoup d’adultes se rappellent encore l’engagement et l’enthousiasme de leurs enseignants. 

Aujourd’hui beaucoup d’enseignants arrivent dans le métier par défaut. Ils y restent faute de trouver mieux. Avons-nous assez réfléchi sur comment créer plus de vocation d’enseignement chez les jeunes et surtout chez les femmes ? Avons-nous assez réfléchi sur les stratégies pour les motiver et  maintenir leur enthousiasme à servir partout dans le pays ?

J’espère que vous prendrez le temps d’échanger à l’occasion de cet atelier sur ces questions cruciales qui touchent en dernière analyse, l’image de l’école sénégalaise. Les propositions de solutions venant de vous,  enseignants, seront une contribution de taille à la résorption des difficultés qui affectent la fonction d’enseignant.

L’USAID a décidé de contribuer à cet effort de restauration de l’image de marque des enseignants. Elle appuiera très prochainement la mise en place d’une plateforme numérique d’échange entre les différents acteurs du système éducatif.  Cet outil précieux de communication qui vise à renforcer la transparence du système éducatif pourrait promouvoir un meilleur partage de l’information entre les différents services du Ministère et les enseignants.

L’USAID appuiera, aussi, le Sénégal dans son programme de mobilisation sociale et de décentralisation de l’éducation. Il est temps pour les collectivités locales, les populations et les entreprises de jouer un rôle plus important dans la restauration de l’image des écoles et des enseignants. L’atelier peut démarrer cette réflexion aussi.

Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs,

Les échanges fructueux que les participants à cet atelier de partage auront ces deux prochains jours permettront de faire le bilan du projet. Les leçons apprises nous permettront de mieux concevoir et mettre en œuvre les programmes futurs.

Soyez assurés que la coopération américaine sera toujours à vos côtés et en première ligne.

Je vous remercie de votre aimable attention.


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