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Allocution de M. Kevin J. Mullally, Directeur de l’USAID/Sénégal, à l’occasion de la Revue annuelle conjointe du portefeuille entre le gouvernement du Sénégal et l’USAIDDakar, 30 avril 2008
Tout d’abord, je voudrais vous dire combien je me réjouis de discuter avec vous des aspects de notre collaboration à l’issue de cet important évènement annuel. Comme je suis arrivé ici en septembre de l’année dernière, il s’agit de la première Revue conjointe du portefeuille à laquelle je participe. Toutefois, j’ai déjà beaucoup appris sur la longue coopération en matière de développement qui existe entre nos deux gouvernements à travers l’USAID depuis 1961. L’année dernière, le partenariat entre l’USAID et le gouvernement du Sénégal a été un facteur essentiel de promotion de progrès notables dans l’amélioration de l’efficacité du développement au Sénégal. Au cours de la réunion d’octobre dernier du Groupe consultatif de Paris entre le gouvernement du Sénégal et ses principaux bailleurs de fonds, les bailleurs de fonds participants et le gouvernement du Sénégal se sont engagés à améliorer leur dialogue en coordonnant les activités afin de suivre avec davantage d’efficacité le DSRP et la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide. Cette réunion annuelle constitue un aspect important de cette coordination, aussi suis-je heureux que nous puissions nous réunir pour discuter de notre travail commun et de nos responsabilités mutuelles Je suis également heureux de témoigner de l’une des nombreuses réussites de notre partenariat au cours de l’année écoulée, qui met en relief la coordination des bailleurs de fonds. Dans le secteur de l’éducation, l’USAID et le gouvernement du Sénégal ont respecté leur engagement et construit neuf établissements d’enseignement secondaire, grâce à un dispositif de remboursement à somme fixe qui s’est avéré être un modèle intéressant pour combiner les ressources des bailleurs de fonds et la planification et les systèmes de passation de marchés du gouvernement. Il s’agit là pour nous d’un exemple tangible de coopération qui s’inscrit dans la droite ligne de la Déclaration de Paris. Cependant, des améliorations sont encore possibles. Une récente étude sur la manière dont les bailleurs de fonds et le gouvernement du Sénégal suivent le mandat de la Déclaration de Paris a montré que les bailleurs de fonds, y compris l’USAID, ont encore une marge de progression au niveau de l’utilisation des systèmes de gestion financière et de passation de marchés du Sénégal, de la coordination des analyses avec le gouvernement sénégalais et de la prévisibilité de l’aide. L’USAID tend toujours à améliorer la coordination des bailleurs de fonds avec le gouvernement du Sénégal et à renforcer les institutions gouvernementales sénégalaises. A l’avenir, nous aimerions avoir un partenariat fort pour poursuivre les objectifs non seulement de la Déclaration de Paris, mais également de la Stratégie de réduction de la pauvreté et de la Stratégie de croissance accélérée au Sénégal. Comme vous le savez peut-être, l’un des aspects importants de la stratégie actuelle de l’USAID, qui a été élaborée avec le gouvernement du Sénégal, est d’aider à poursuivre des réformes en matière de bonne gouvernance. Le gouvernement du Sénégal a le grand mérite d’avoir adopté un nouveau code de passation des marchés et d’avoir mis en place une Commission de lutte contre la corruption. Cette Commission doit à présent être dotée de l’autorité lui permettant de faire des enquêtes sur des cas de corruption et des recommandations en vue de poursuites judiciaires. Ces deux dispositions contribueront grandement à garantir que les citoyens sénégalais profitent pleinement des investissements du gouvernement. En outre, nous pensons que le gouvernement du Sénégal doit veiller à ce que ces deux nouvelles institutions soient dotées des fonds et des ressources humaines nécessaires pour leur permettre de fonctionner efficacement. Nous estimons qu’il est également essentiel que le gouvernement du Sénégal poursuive sa tendance en matière de décentralisation. Les institutions gouvernementales locales du Sénégal ont les capacités et le désir d’avoir davantage de contrôle administratif et fiscal. Les collectivités locales reçoivent actuellement environ 3.5% de la TVA, alors qu’elles disposent des capacités pour absorber et planifier efficacement des fonds en bien plus grande quantité. Dans l’esprit d’une réelle décentralisation, nous sommes convaincus que le gouvernement doit augmenter ce pourcentage pour atteindre au minimum 5% dans les deux années à venir. La planification familiale constitue un autre défi primordial. Comme vous l’avez dit au cours de la journée, le pourcentage de Sénégalais qui utilisent des méthodes de contraception moderne ne s’élève qu’à 10% environ, alors que plus de 30% des femmes disent souhaiter espacer d’au moins deux ans les naissances, mais qu’elles n’utilisent pas de contraception. En clair, des mesures restent à prendre pour combler ce manque et répondre à cette importante attente. En espaçant les naissances de quelques années au lieu d’enchaîner les enfants les uns après les autres, les mères et les enfants ont beaucoup plus de chances non seulement de survivre, mais d’être en meilleure santé. Les hommes et les femmes ont besoin d’avoir des options à leur disposition, car ce qui marche pour une famille ne marche pas forcément pour une autre. A travers les activités financées par l’USAID, les partenaires de mise en œuvre intègrent la planification familiale dans les services de santé clinique et communautaire. L’USAID s’est aperçue que là où il y a un plus grand nombre et de meilleurs services de qualité, la demande est élevée. Comme vous le savez, Monsieur le ministre, nous travaillons également avec votre gouvernement à l’amélioration du climat du commerce et de l’investissement au Sénégal. L’amélioration de la productivité du travail contribue au renforcement de la confiance des investisseurs privés et à l’amélioration d’un environnement favorable à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté. C’est pourquoi, il nous semble important de prendre toutes les mesures réglementaires requises pour une pleine application du Code du Travail. Le gouvernement du Sénégal est informé de l’engagement de l’USAID à apporter son assistance, en partenariat avec d’autres bailleurs de fonds, à la préparation des 63 mesures réglementaires pour la mise en œuvre effective du Code du Travail. Une telle démarche est conforme aux recommandations du Conseil Présidentiel de novembre 2007. Pour conclure, je voudrais me féliciter que votre gouvernement et l’USAID aient pu maintenir des liens étroits de collaboration, tout en pilotant de nouveaux modèles de coopération. Nous allons travailler à renforcer encore davantage notre partenariat, afin que le Sénégal ait des familles en meilleure santé, un plus grand nombre d’élèves au niveau de l’enseignement secondaire et beaucoup plus de gens qui gagnent mieux leur vie pour appuyer un développement durable pour tous. |
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