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Pompage de l’eau :

Des paysans sénégalais multiplient leurs niveaux de production grâce à l’irrigation et de meilleures techniques de semis

Une vision claire, un peu d’aide, un peu de chance, quelques tuyaux, beaucoup d’eau et beaucoup de travail acharné. Voilà le secret du succès de Moussa Sagna, maraîcher, dont les ambitieux projets sont déjà en train de prendre racine. Enterprising Senegalese farmer Moussa Sagna works his money-making patch, which he now tills in the off season. Photo by Richard Nyberg, USAID/Senegal.

Moussa parle doucement mais rapidement et intensément. Véritable homme du terroir, il cultive son jardin à Djifanghor, un village d’environ 2000 âmes près de Ziguinchor au Sud du Sénégal. Il prend très au sérieux son travail dont le fruit aide à nourrir ses deux femmes et sept enfants âgés de un à douze ans, l’aîné, qui est maintenant à l’école.

Sa devise : « Si vous produisez beaucoup, vous mangez, vous achetez et vous épargnez. »

Il y a trois ans seulement, Moussa était encore un petit exploitant qui se contentait d’une petite parcelle de 150m2 sur un nouveau périmètre partagé avec 66 autres exploitants. Aujourd’hui, il dispose d’une parcelle de 400m2, soit presque le triple, sur des terres familiales en dehors de celles du groupement précité.

L’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID) et son agence d’exécution, EnterpriseWorks (EW), ont beaucoup aidé Moussa et ses frères paysans de Casamance en contribuant à installer une pompe à pédale qui augmente la capacité d’irrigation et en donnant des conseils techniques clairs sur comment accroître les rendements de tomate, hibiscus, gombo, aubergine, piment et oignon.

« Nous récoltions peu avant, » rappelle Idrissa Sagna, chef de village et président du groupement de producteurs. « Avec la pompe, nous récoltons beaucoup plus, presque le triple. » EW commercialise deux différents types de pompes que l’on peut fabriquer avec des matériaux locaux. Une pompe à pédale fabriquée à Ziguinchor coûte environ 45.000 CFA alors que la pompe motorisée la moins chère coûte au moins 100.000 CFA.

EW a réalisé un grand impact sur la production d’oignon de contre-saison. A travers des visites de terrain, des sessions de formation et des émissions sur les radios locales où les producteurs partagent leurs expériences, EW a encouragé les villageois à cultiver des oignons.

Plus précisément, grâce à EW, Moussa a appris à mieux exploiter sa terre et à semer trois fois l’an au lieu de deux. « Si vous choisissez de bonne variétés végétales et de bons produits phytosanitaires, et surveillez bien vos plantes, vous pourrez cultiver et gagner de l’argent au moment où les autres attendent » commente Patrice Beaujault de EW Ziguinchor. Et, en effet, Moussa a certainement gagné plus d’argent. Avant l’appui de l’USAID, en 2000, sa parcelle lui rapportait environ 250.000 CFA. En fin 2004, il avait déjà empoché environ 900.000 CFA et s’attendait à percevoir encore 750.000 CFA de ses tomates vendues au marché de Ziguinchor où il avait déjà écoulé plus de 1,7 tonne à raison d’un dollar le kilogramme.

Cette forte augmentation de revenus a considérablement changé sa vie. « Je mange bien, je dors bien et, maintenant, j’emploie cinq ouvriers à plein temps, » se félicite-t-il, avant d’ajouter qu’il pensait acheter une pompe mais qu’il devait y aller pas à pas.

« Il faut bien faire attention à ce que l’on veut réaliser. Je vais réinvestir ce que je gagne dans du matériel pour m’assurer de bonnes récoltes, » conclut-il. Mais la prudence n’exclut pas le rêve et, dans cinq ans, il compte acquérir une grande parcelle et employer au moins 10 ouvriers.

L’épouse de Moussa, Fanceny Badji, a de bonnes raisons de se réjouir des projets de son mari. C’est, en effet, elle qui, presque sans arrêt, porte sur la tête l’eau stockée dans des bassins au moyen de la pompe, pour arroser les plantes. Elle espère voir les revenus augmenter encore plus et, aussi, disposer d’un peu plus de temps pour se reposer.

Dans son groupement, Moussa passe aussi pour être l’expert de facto en matière de pompe. Lorsque celle-ci tombe en panne, c’est lui qui la répare et à juste raison. Sans elle, il devra revoir ses rêves à la baisse. Et il n’est pas prêt à le faire.


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